Lettre écologie février 2026

La dimension culturelle de nos langues maternelles au Cameroun

Nous vous accueillons avec cette pluralité linguistique pour vous souhaiter la bienvenue sur cette page d’échange.

Le 21 février est la Journée internationale de la langue maternelle.

« Nos langues maternelles, un trésor culturel et socle de notre identité »

La terre Camerounaise regorge d’une grande diversité culturelle linguistique ; les langues maternelles qui coexistent, forment une mosaïque. Nous comptons environ 268 langues qui sont parlées dans le territoire Camerounais. Nous avons : l’Ewondo, le Nugunu, le Mofou, le Fulfudé, le Yemba, le Mafa, le Moundang, le Kako, le Bulu, le Ghomala, le Sawa… pour ne citer que celles-ci.

Entendons par langue maternelle, cette première langue apprise à un enfant. C’est le premier langage par lequel l’enfant apprend à communiquer avec son entourage.

La langue maternelle se définit comme ce par quoi l’être humain fait l’apprentissage de la vie à travers ses parents, ses congères et ses différents éducateurs.

Un trésor culturel

Les langues maternelles représentent la mémoire vivante de nos cultures ; c’est la principale voie de transmission de l’héritage culturel (traditions, valeurs, coutumes…)

Nos langues sont un moyen de communication qui crée une proximité entre les personnes. C’est le cas de nos sœurs Ursulines de Jésus qui sont envoyées en mission dans d’autres régions du pays, différentes de la leurs ; elles ont le devoir d’apprendre les langues locales pour pouvoir travailler dans le cadre de la pastorale (éducation, santé…).

L’apport de nos langues maternelles

S’exprimer dans sa langue maternelle ouvre à un certain nombre d’avantages tels que : ⮞ Le renforcement ou la consolidation de liens familiaux et sociaux. ⮞ La facilitation de l’apprentissage d’autres langues. ⮞ Un soutien dans le développement cognitif, social de chaque individu. ⮞ Un moyen de communication et de socialisation pour une bonne interaction entre les personnes. ⮞ Acquisition des compétences de base telles que : l’écriture, la lecture et même le calcul.

Une identité culturelle :

Le fait de parler sa langue maternelle vient renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté de vie ou à une ethnie. La langue maternelle permet à chaque individu de bien s’insérer dans sa communauté et sa culture spécifique. Dans la transmission des cultures elle favorise ce partage des coutumes et valeurs culturelles pour une meilleure imprégnation. Nos langues maternelles contribuent à la construction de notre identité.

Le fait de pouvoir intégrer toutes les langues que nous parlons, constitue une richesse en soi, en ce sens que nous avons la possibilité de faire un choix, de varier et de nuancer nos idées, nos pensées… Les personnes qui sont bien ancrées dans leur langue ont la facilité à se fixer des repères et s’ouvrent mieux au monde extérieur. Ainsi nous pouvons que les langues constituent une véritable richesse.

La perte de nos langues maternelles

 ? La mondialisation et l’urbanisation Nous constatons de plus en plus que les jeunes générations n’accordent plus un intérêt à l’apprentissage de langues maternelles. Cette perte serait occasionnée par le phénomène de la mondialisation et l’urbanisation ; celles-ci sont comme un frein à la transmission de cette mémoire vivante, un frein à la préservation de notre héritage culturel.  ? Les luttes intertribales La terre Camerounaise fait montre d’une cohésion sociale qui reste encore à parfaire ceci à cause de certaines luttes qui existent entre certaines tribus.

« L’Espérance ne déçoit pas » Rm 5,5.

Au-delà de toutes ces difficultés, notre diversité culturelle nous porte à promouvoir le « vivre ensemble » et à poursuivre la transmission des langues maternelles aux générations futures car elles occupent une place indéniable non seulement dans les apprentissages, dans notre identité culturelle mais aussi dans l’existence toute entière de la personne. Nous sommes donc invitées à préserver et à revaloriser nos langues maternelles. Elles constituent un trésor culturel, le socle de notre identité et l’enrichissement de notre diversité humain.

C’est dans cette pluralité linguistique que nous, les sœurs Ursulines de Jésus de la réalité missionnaire du Cameroun, nous voulons être des femmes de l’alliance, prophètes de communion dans la cohésion sociale et pèlerines de l’espérance.

Français. Commission Internationale d’Écologie. Février 2026

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