prier en avril 2025

Merci au père Pierre Genais, FMI de la communauté Sainte Marie à Chavagnes pour cette méditation sur la Résurrection du Christ.

Le shabbat de la Pâque s’est déroulé dans un « drôle de calme ». Tout a été respecté. Les femmes, malgré les évènements, avaient tout préparé. Comme toujours. Elles savent y faire. Les prières furent rituellement dites tout au long du jour et les repas selon les règles ; les longs récits de La Thora furent écoutés, les psaumes chantés, moins solennellement sans doute qu’ils auraient dû l’être. Tout le monde est resté à la maison ; on n’est pas allé à la synagogue, encore moins au Temple. Quelques hommes sont sortis mais juste pour s’assurer que tout était tranquille, qu’il n’y avait pas à s’inquiéter.

Vraiment, c’était un shabbat froid comme le froid du tombeau.

On avait bien roulé la pierre, mais on a du mal à le sentir « absent ».

Et on ne peut rien faire !

Marie, la mère de Jésus, est là, en silence. Personne ne lui demande comment ça va … Son silence est de recueillement. « Elle retenait tous ces évènements dans son cœur et les méditait. » Et elle en évoque des paroles de son fils, des évènements avec lui où elle ne comprend pas ce qu’il a voulu dire, faire. Mais toujours la seule réponse : « qu’il me soit fait selon ta Parole. »

On s’était organisé pour la nuit : les uns étaient partis chez des amis sûrs ; les hommes se sont installés par terre dans la salle commune ; les femmes avaient étendu les tapis dans la chambre. On est moins nombreux pour cette seconde nuit. Mais les sommeils seront encore agités.

Marie se lève avant l’aube. Elle monte à la terrasse, s’assoie, silencieuse, dans l’attente de l’aurore. Elle ne porte que son vêtement de nuit mais il fait bon et il n’y a pas de vent. Jean vient, la couvre d’un châle ;

comme l’Esprit Saint la couvrit de son ombre ; comme l’Église à naître la couvrira de sa sollicitude ; comme les priants la couvriront de demandes, de mercis …

Jean se retire, sans un mot, et empêche les femmes de monter à la terrasse Qu’est-ce qu’elle dit ? Qu’est-ce qu’elle fait ? Qu’est-ce qu’elle veut ? … Rien de tout ça ! Elle est prière.

Le temps s’écoule silencieusement. Elle entend les femmes qui se préparent, s’activent ; elles veulent être de bon matin au tombeau et faire tout ce qu’elles n’ont pu faire vendredi, avant shabbat. Elles les entend qui s’inquiètent au sujet de la pierre du tombeau, mais elle sait que rien ne sert de s’agiter. Et les femmes partent …

Marie est seule. Ses cheveux sont détachés ; un léger souffle et une mèche retombe sur son visage. Ce n’est pas le vent. C’est comme un soupir … mais mieux. C’est le silence de la brise légère … et mieux encore. C’est une présence. Rien d’autre qu’une présence. Mais ce n’est pas la présence de l’ange du Seigneur, venu à Nazareth.

SA PRÉSENCE à l’heure où le soleil pointe à l‘horizon. Le soleil levant chasse les ténèbres : IL EST LÀ ! Assis à ses côtés comme il aimait s’asseoir près d’elle à Nazareth. C’est LUI, Soleil Levant. Ce n’est pas l’enfant Jésus assis sur ses genoux souriant aux premières lueurs du matin et apprenant ses prières avec Joseph à leur côté ; ce n’est pas Jésus jeune adulte, assis là comme maintenant et menant la prière … C’est Jésus, Le Crucifié Ressuscité ! IL EST LÀ ! C’est Jésus, le PREMIER NÉ, le Premier d’une Multitude.

A nouveau, elle entend « Tout est accompli » et elle est en paix.

Toute la Parole de Dieu gardée en son cœur transfigure sa vie. IL EST VIVANT !

On peut imaginer le MAGNIFICAT qui jaillit du cœur de Marie. IL EST VIVANT !

Que se sont-ils dits, nous n’en savons rien. Jean a-t-il été mis dans la confidence, mais non puisqu’il n’en dit rien dans ses écrits ou alors il su rester dans la discrétion totale.

Les femmes reviennent ; elles causent beaucoup et fort ; elles sont très agitées. Jean monte près de Marie : elle est là, seule, le visage rayonnant à la lueur du soleil levant.

Il y voit quelque chose qu’il ne connaît pas ou alors, si !, … comme au Thabor. Il raconte à Marie ce que les femmes rapportent de leur visite au tombeau ; il lui dit qu’il y va avec Pierre. Marie ne lui dit que deux mots qu’il ne comprend pas : « Va, il vit ! » Quand il entra dans le tombeau, après Pierre : « Il vit, il crut. »

Retrouvez ici l’intégralité du texte de Pierre Genais

Le Ressuscité apparaît à Marie, sa mère

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