Lettre écologie mars 2025

Chères Sœurs et Membres de la Famille de l’Incarnation. Comme vous le voyez, c’est au tour du Canada de venir vous rejoindre avec une question concernant l’eau.

Nous sommes habitué-es à entendre parler des pays qui manquent d’eau, particulièrement dans le continent africain, mais si les inondations ont touché l’Europe, le Sud des États-Unis et d’autres pays comme le Chili nous ne nous attendons pas à entendre parler de problèmes d’eau potable venant du pays qui possède le plus grand nombre de lacs au monde.

Le Canada est le 2e plus grand pays du monde par sa superficie, après la Russie mais avec une population de 39 608 191 habitants prévue en 2025. Edmonton est située dans la Province de L’Alberta qui a environ la superficie de la France mais qui ne compte que 4 400 000 habitants. C’est vraiment le pays des grands espaces comme le chantait le chanteur Français Noël Colombier…

Le Canada a plus de lacs que l’ensemble des autres pays du monde réunis. Il compte environ 60 % des lacs de notre planète. Au total, on y compte 31 752 lacs de plus de trois kilomètres carrés et 561 lacs de plus de 100 kilomètres carrés. Sans oublier les 4 grands lacs Nord-Américains qui sont la frontière avec les États Unis et qui sont la plus grande réserve d’eau douce au monde (seul le Lac Michigan est totalement aux États-Unis).

Après cette petite leçon de géographie, il y a une constatation à faire, c’est que, malgré cela, des populations Canadiennes manquent d’eau potable : comment est-ce possible ? Quelles en sont les raisons ? Il y a des raisons géographiques, de consommation, mais aussi industrielles…

« Que les humains dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides ; que les humains portent préjudice à leurs semblables par des maladies en contaminant les eaux, le sol, l’air et l’environnement par des substances polluantes, tout cela, ce sont des péchés » ; car « un crime contre la nature est un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu ». (Laudato Si’ n°8)

1) Tout d’abord « Toute eau n’est pas bonne à boire, c’est bien connu ». 2) Une grande partie de l’eau des rivières s’écoulent vers la Baie d’Hudson, et donc l’eau n’est pas accessible pour les populations du Sud du pays qui sont les plus nombreuses. 3) Il y a une mauvaise gestion de l’eau et une surconsommation par des provinces plus peuplées comme le Québec où l’eau est un produit considéré comme gratuit. Les consommateurs n’ont donc pas de facture d’utilisation d’eau. Ce qui fait du Québec le plus grand consommateur d’eau potable derrière les États-Unis ! 4) Les activités industrielles touchent principalement les eaux utilisées par les communautés autochtones un peu partout dans le pays.

  • La communauté autochtone de Grassy Narrows au Manitoba (=(Asubpeeschoseewagong dans leur langue) a vu l’eau contaminée quand entre 1962 et 1975, une entreprise de pâte à papiers de Dryden a déversé quelque 10 tonnes de mercure dans la rivière English-Wabigoon. Ce métal lourd se répand dans les cours d’eau avoisinants, est absorbé par les poissons et s’accumule dans la chaîne alimentaire. Un désastre écologique, qui ont forcé les autorités à interdire la pêche commerciale car les personnes ont vu leur santé se dégrader très rapidement. Depuis la communauté est encore touchée par ce désastre et elle est en procès avec les gouvernements provinciaux et fédéraux qui, font des promesses mais… la papeterie continue de fonctionner !
  • Au Nord de l’Alberta, la population Crie - Mikisew est touchée par un taux de cancers très élevé. Des études ont déjà montré des taux plus élevés de cancers dans les communautés situées le long des rives du lac Athabasca. Le lac est alimenté par la rivière Athabasca, qui traverse la région où se trouvent la plupart des mines de sables bitumineux du Canada. Des études ont révélé des niveaux dangereux d’arsenic, de mercure et d’hydrocarbures dans l’eau de la région, ainsi que dans les poissons, les sédiments et la faune environnante. MIA RABSON La Presse Canadienne – 7 Août 2024

Les peuples autochtones vivant en communauté, sont confrontés à davantage de problèmes de santé et disposent de moins de ressources pour les résoudre que les peuples non autochtones. Dans les communautés autochtones, les taux de mortalité infantile sont deux à quatre fois plus élevés que dans les communautés non autochtones.

En 2016 La Commission Vérité et Réconciliation (CVR) a étudié l’accès à l’eau ou le manque d’eau et dans l’appel à l’action n°19 du rapport de la Commission on peut lire ce qui suit :

19. Nous demandons au gouvernement fédéral, en consultation avec les peuples autochtones, de fixer des objectifs mesurables afin d’identifier et de combler les écarts en matière de santé entre les communautés autochtones et non autochtones, de publier des rapports annuels sur les progrès réalisés et d’évaluer les tendances à long terme. Ces efforts devraient se concentrer sur des indicateurs tels que la mortalité infantile, la santé maternelle, le suicide, la santé mentale, les toxicomanies, l’espérance de vie, les taux de natalité, les problèmes de santé des nourrissons et des enfants, les maladies chroniques, l’incidence des maladies et des blessures, et la disponibilité de services de santé appropriés. Par conséquent, la CVR (Commission Vérité et Réconciliation) recommande que le gouvernement fédéral prenne des mesures pour remédier aux inégalités en matière de santé et de soins médicaux dont souffrent les communautés autochtones. Il est important que le gouvernement fédéral prenne des mesures pour résoudre les problèmes socio-économiques qui entraînent un risque accru de maladie, tels que le manque d’accès à l’eau potable dont souffrent trop d’autochtones, l’insécurité alimentaire et le manque d’éducation qui aiderait à prévenir les maladies. Le gouvernement fédéral devrait travailler en consultation avec les communautés autochtones afin que les défis uniques auxquels les peuples autochtones sont confrontés puissent être résolus en connaissance de cause.

Un projet de loi visant à garantir que les Autochtones disposent d’eau potable dans leurs communautés, mais aussi à protéger les sources d’eau sur les territoires des Premières Nations, est à l’étude devant un comité de la Chambre des communes depuis des mois. Les chefs et cheffes autochtones se demandent, dans quelle mesure le projet de loi permettra de garantir que les communautés recevront un financement adéquat pour entretenir et exploiter des usines d’épuration des eaux.

La cheffe nationale Cindy Woodhouse Nepinak, qui témoignait elle aussi devant le comité, a déclaré que le Canada et les Premières Nations devaient travailler de concert pour s’assurer que ce projet de loi, une p riorité absolue pour les Autochtones, soit adopté avant le prochain scrutin fédéral…. …. ALESSIA PASSAFIUME – La Presse Canadienne - 10 oct. 2024

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur l’Eau, qui est très utile et humble, précieuse et chaste… chantait Saint François d’Assise

N’oublions pas de rendre grâce au Seigneur lorsque nous buvons un verre d’eau pure

Avec affection Commission Internationale de l’Écologie – 1er Mars 2025

Français Lettre Mars 2025

Documents à télécharger

Revenir en haut