La famille de l'Incarnation

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Togo, F.M.I. en fête

Septembre est un mois important au noviciat des FMI à Dapaong (Togo). Les novices terminent leur année de formation en prononçant leurs premiers vœux avant de rejoindre le scolasticat à Ouagadougou. Il y a aussi accueil d’un nouveau groupe de novices. Le P. Louis Devaux, au nom des FMI reçoit les premiers vœux de ses jeunes frères.

Mardi 8 septembre 2020, pour la communauté FMI de Dapaong, c’est jour de fête et la journée commence mal… nous sommes en saison des pluies et depuis une bonne dizaine de jours, les pluies sont abondantes et justement, ce matin-là, à 5h du matin la pluie commence : nous n’avons pas envie de rire quoique le cœur soit à la joie. La fête se présente mal : déjà la covid 19 ne permet pas de rassemblement, et maintenant voilà la pluie ! La covid ? On fera avec, puisque nous avons un « arsenal anti covid » ; masques, virucide, distanciation, même si cette mesure est approximative… Et puis, 7h… la pluie cesse. Pas de soupirs de soulagement, on attend un peu, une demie heure plus tard, un coup d’œil vers l’Est (là d’où nous vient la pluie), et l’espoir renait, en effet le ciel “s’éluche”, comme disent les vendéens ; le soleil paraît, et courageusement ! il chasse la pluie, les sourires éclairent les visages et les rires et les cris de joie retentissent dans la cour de la maison de prière du diocèse, à Dalwak.

Nous avons choisi de déplacer notre cérémonie, en ce lieu, à l’écart de la ville, (7km) pour limiter l’affluence – les mesures administratives anti-covid nous obligent à restreindre le nombre de participants. Dans la chapelle, le port du masque est obligatoire et les mesures de distanciation sont bien respectées. Les familles sont au rendez-vous.



9h, la messe commence, seuls les quatre futurs profès et le célébrant principal font la procession d’entrée au chant de « Tournez les yeux vers le Seigneur et rayonnez de joie"… pas besoin d’insister !
Après le mot d’accueil du Père aumônier du centre spirituel, le Père Louis Devaux, délégué du Supérieur Général pour recevoir les vœux, accueille les participants et présente les familles et les quatre futurs profès.

Il présente en premier la famille du Fr. Élisée-Romaric NACOULMA dont le papa et la maman sont venus de Ouagadougou au Burkina-Faso pour accompagner et soutenir leurs fils. L’ange du Seigneur les a précédés, car toutes les frontières sont fermées, et pourtant ! … papa et maman sont arrivés à Dapaong sans problème… Ensuite, le Père Louis présente les familles de nos trois frères togolais, tous trois originaires du diocèse de Dapaong : D’abord la famille du Frère Grégoire Lardja NAGBANDJA ; Ils viennent de la paroisse de Mandouri, plus précisément de la communauté chrétienne du village de Kondjware ; puis les familles des Frères Dieudonné Sibiti TANDJAME et Martin Djoguigou BAKOLMDE, tous deux de la paroisse du Bon Pasteur, une des 4 paroisses de la ville de Dapaong.

Dans son homélie, le Père Louis présente la Vierge Marie comme mère et éducatrice. Comme toute maman, Marie a deux moyens pour éduquer ses enfants : la parole et l’exemple. Notre mère nous a dit une seule parole : “Faites tout ce qu’il vous dira !” (Jn 2, 1-12). L’exemple est dans l’Évangile. Son cœur est tout entier orienté vers Dieu et tout son désir était de plaire à Dieu. Notre fondateur, au fil de sa correspondance, une phrase ou un mot par-ci ou par-là nous met sur la voie de l’imitation de Marie : vivre les dix vertus évangéliques que Marie a pratiquées dans sa vie : pureté humilité, foi, prudence, prière, patience obéissance, pauvreté, charité et compassion. Louis-Marie, toujours avec discrétion, nous donne quatre conseils pour pratiquer ces vertus : méditer la parole de Dieu ; méditer ou plutôt contempler la Passion de Jésus ; aimer l’eucharistie et vivre au quotidien les béatitudes surtout la septième : « heureux les artisans de paix » (Mt 5, 9). Elle construit l’unité. Le Père Louis a terminé son homélie en s’adressant particulièrement aux futurs profès : “Petits frères, vos frères aînés, chacun pour sa part et à sa manière, avec sa grâce, ont fait leur propre expérience à l’école de notre mère. Aussi je ne peux que vous souhaiter d’entrer, vous aussi, dans cette expérience : vivre le dynamisme de ces dix vertus évangéliques, vivre sous l’influence de notre mère, entrer dans ses sentiments et laissez-la vous prendre par la main. C’est le chemin le plus sûr pour plaire au Père, au Fils et au Saint Esprit”

Le rite de la profession suit l’homélie ; à l’appel de son nom, chaque novice se lève et répond avec force : « Me voici » . Le Maître des novices, le P. Louis-Consolator Akakpo-Numado présente brièvement les novices au délégué du Supérieur Général, qui après un bref dialogue, invite chacun à prononcer ses premiers vœux devant la communauté et le peuple de Dieu. Les Pères Joseph Sambieni et Maurice Tampangou, les 2 autres prêtres de la communauté, sont les témoins de la profession de nos quatre frères.



La cérémonie de profession est suivie par les rites complémentaires mais très significatifs : les profès revêtent la soutane, et reçoivent les constitutions de la congrégation et la croix avec son médaillon, comme signes de leur appartenance à la Congrégation des FMI. Seul le Père délégué du Supérieur Général leur donne le baiser de paix au nom de toute la communauté… les règles de distanciation obligent.







Notre liturgie eucharistique se poursuit normalement, sans l’échange de la paix bien sûr, mais les mesures anti-covid n’empêchent pas l’union profonde des cœurs. Tout le monde chante avec cœur, le tamtam sonne bien fort, d’aucuns ont bien envie de danser, mais l’espace est limité et les manifestations doivent se faire discrètes, cependant, on remarque dans l’assemblée quelques sautillements sur place, discrets. Ah ! maudite covid qui entrave tous ces frères et sœurs qui n’ont qu’une envie : danser. Mais c’est le moment des remerciements ! Le frère Dieudonné prend la parole pour dire sa reconnaissance et celles de ses 3 frères envers Dieu pour les avoir appelés à la suite de Jésus. Il exprime aussi ses remerciements et des trois autres nouveaux profès aux formateurs et avec humour !

« Allez dans la paix du Christ ! », à peine dehors, les photographes libèrent à peine les portes, s’agglutinent autour de nos quatre frères, les flashs partent d’un peu partout. La séance photo et le brouhaha succèdent au recueillement et aux chants. Un pot est servi aux participants et c’est la dispersion.

Les FMI et des représentants des familles, nous nous retrouvons à la communauté où nous partageons le repas et aussi où nous faisons plus ample connaissance. Les familles découvrent avec surprise des talents nouveaux chez leurs fils qui nous offrent un intermède en « grattant » les guitares. Et oui ! L’apprentissage de la guitare a été introduit dans le programme du noviciat. C’était nécessaire pour comprendre ce qu’avait écrit Louis-Marie Baudouin à ses religieuses dans sa lettre du 17 mars 1827 ; il leur présente un instrument de musique –de son invention - et les règles pour en jouer : « Voici, mes filles, un nouvel instrument de musique à dix-huit cordes. Il faut dix-huit musiciennes pour le toucher, chacune sa corde, et si chaque musicienne touche bien sa corde en temps et lieu, alors le concert est tout à fait angélique…

J’ai connu une musicienne qui touchait sa corde excellemment ; elle était vierge et voulait plaire à un prince à qui elle était fiancée. C’était un plaisir de l’entendre ! Sa corde était le support. Je lui dis pour me recréer : Touchez donc les autres cordes - Oh ! mon Père, je ne pourrai pas, mais sur votre parole, je vais essayer. Elle toucha les 17 autres aussi bien que la sienne. Oui, quand on sait bien jouer avec une corde, on joue facilement sur les autres. »

Dieudonné, Grégoire, Romaric, Martin, vous avez rejoint le scolasticat pour le cycle de philosophie. Continuez à gratter la guitare pour conserver votre bonne humeur et si vous touchez bien cet instrument à 18 cordes, peut-être pourrez-vous un jour pincer les 21 cordes d’une Kora, ce bel instrument africain au son si léger et clair !



Merci, Seigneur, pour cette belle journée, merci de t’être réjouis avec nous, tu nous as montré que ce 8 septembre 2020, tu étais heureux… le soleil a brillé jusqu’à la fin de la journée.

Sans vouloir allonger cette communication, il faut dire aussi que la communauté était entrée dans la joie et l’action de grâce quelques jours plus tôt :
Le 21 août, veille du 22, fête de Marie, Reine du monde, nous avons accueilli trois nouveaux novices : Séverin ADREKPE, Samuel LARE et David BANKARO, tous trois togolais. Nous leur souhaitons un bon et joyeux cheminement. Et donc à l’année prochaine, si Dieu veut ! Et nous redisons merci dans chacune des langues de nos quatre profès :

Bark, Bark al bontyâla !
Bark Bonkien !
Bark wûsgo !
Ne era meré !

P. Louid DEVAUX
Communauté de Dapaong

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