La famille de l'Incarnation

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Que devient la Fraternité de Ouagadougou ?

Un témoignage de Hervé Nonkani, membre de la Fraternité

Quelques membres de la Fraternité de Ouagadougou

La Fraternité de l’Incarnation à Ouagadougou a presque dix ans de vie. Elle n’est pas pour moi seulement un groupe de prière. Elle est née en 2001 et a connu des difficultés : chômage, problèmes conjugaux, catastrophe comme celle du 02 juin 2003 où deux membres du groupe ont perdu leur maison. La Fraternité malgré tout est restée dans sa vision du bien être de l’autre dans l’écoute, le partage, les visites à domicile, le souci de savoir si l’autre est heureux ou pas.
Par exemple, un jour, Mme S... s’est fait accompagner de trois autres femmes au nom de la Fraternité pour rendre visite à ma famille, sous la pluie, à presque 30 km de chez elle. Dans un pays où le moyen de transport reste la mobylette, si on en a une, ce geste est un exploit. Ce jour- là, j’ai vu en cette sœur, Marie bravant les collines avec le Sauveur dans son ventre pour rendre visite à sa cousine Elisabeth.
Un autre jour, Pierre, et Fr. Achille (un jeune FMI profès) ont fait le même déplacement.
Lors de nos témoignages nous n’hésitons pas à nous dire certaines vérités avec charité.
Un jour lorsque Mme B... a exposé les difficultés avec son époux, qui lui reprochait de passer trop de temps dans les mouvements religieux, nous lui avons dit que la cellule de base de l’ Eglise reste la famille et que tant qu’elle n’accordera pas de temps à ses enfants et à son époux, elle n’aura pas le sens même de la Fraternité que nous vivons. Le P. Jean-Luc, accompagnateur, ajoute que Jésus avant de commencer sa mission a vécu respectueusement en famille avec Marie, mère obéissante….

Inondation à Ouaga en septembre 2009

Nous volons ainsi au secours des uns des autres selon nos capacités, en groupe ou individuellement car certains gestes se veulent discrets : « ce que ta main gauche donne que ta main droite ne le sache pas ».
Cette façon de vivre a dépassé les limites de la Fraternité : voler au secours de l’autre est pour moi aujourd’hui un geste banal. Les uns trouvent que c’est une bêtise, d’autres un laisser-aller exagéré. Mais qu’est- ce que c’est ? comparé au sacrifice de celui que nous voulons imiter : Jésus, lui qui a donné sa vie, non pas pour lui-même mais pour que l’homme soit sauvé.
Je suis parrain d’un petit garçon nommé Ephraïm et témoin de mariage de Bernard membre de la Fraternité et cela après moins d’un an de mariage religieux. A mon humble avis ces choix sont liés à la bonne odeur que nous dégageons grâce à ce parfum que la spiritualité du Père LMBaudouin nous donne de répandre.

Dieu agit à travers les hommes. Ne s’est il pas lui-même fait homme pour nous sauver ? Donc je dis merci aux Fils de Marie Immaculée qui m’ont appris cette façon pratique de prier avec des gestes qui donnent du sourire à l’autre. Lors de ma traversée de désert en 2003, quant j’étais au chômage, ils étaient là pour me soutenir moralement et matériellement. Dans ma vie ; il y a eu jusqu’à présent deux vrais miracles : le premier, un jour où j’étais abattu par mes multiples problèmes, Fr. Consolator, jeune profès FMI, me retrouva dans la salle de réunion des FMI pour partager. Il m’écouta jusqu’à la fin, la tête baissée, sans dire mot. A mon départ il m’accompagna à la porte et me dit simplement « merci pour le partage ». A l’instant même un grand soulagement se fit sentir en moi. Depuis ce jour, j’ai compris à quel point se sentir écouté peut être soulageant.
Chaque groupe a ses moments de crise et nous n’avons pas les mêmes façons de supporter les problèmes. Les uns préfèrent s’isoler pour soi-disant mieux gérer, d’autres préfèrent rester en famille en acceptant la main tendue des frères et sœurs.
Ayant commencé avec presque une douzaine de membres, nous sommes aujourd’hui moins d’une dizaine de personnes qui se rencontrent sur nos lieux de rendez- vous, mais ceux qui ne viennent pas continuent avec nous les visites à domicile, les entraides ….Cela pour dire qu’ils restent de cœur avec la Fraternité.
Un autre problème est celui des accompagnants : après les Pères Victor, François, puis Jean Brethé, ce sont aujourd’hui le Père Jean-Luc Lambert et le frère Achille qui nous dispensent la spiritualité du Père Louis-Marie BAUDOUIN.
La langue dans la Fraternité de Ouaga constitue un autre handicap pour le fonctionnement du groupe, car presque tout est dit en français et certains membres ne le comprennent pas.

Hervé Nonkani