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Le P. Baudouin, un homme généreux

C’est tout au long de sa vie que Louis-Marie BAUDOUIN s’est montré généreux.

Le P. Bethuys, professeur au Petit Séminaire de Chavagnes, avait bien connu le P. Baudouin durant les dernières années de sa vie. Au cours des années qui avaient suivi sa mort, il avait recueilli de précieux témoignages pour écrire une « Vie du R. P. Louis-Marie Baudouin ».
En voici quelques extraits sur la générosité du P. Baudouin, lorsqu’il était "curé" de Chavagnes, de 1801 à 1805.

Quand le P. Baudouin était curé de Chavagnes.

Chavagnes en 1801

Sa charité était si connue que les pauvres, selon l’expression d’une bonne paysanne, se pressaient autour de lui comme des poussins autour de leur mère. Il tâchait de renvoyer contents tous ceux qui s’adressaient à lui.
« Si je n’ai qu’un sou, disait-il, et qu’il se présente quatre pauvres, je donne un liard à chacun. » (liard : quart d’un sou).

Un jour qu’il revenait de visiter un malade, un homme l’aborde et lui demande l’aumône. « Si vous m’aviez parlé avant mon départ, lui dit M. Baudouin, j’aurais pu vous satisfaire ; mais j’ai donné à peu près tout ce que j’avais : il ne me reste plus qu’une pièce de cinq francs ; vous la voici. »

Les largesses du curé de Chavagnes ne connaissaient aucunes bornes : il distribuait aux pauvres non-seulement l’argent qu’il pouvait avoir, mais encore ce qui se trouvait dans son modeste vestiaire.

Mme Barreau, chez laquelle il logeait, se crut obligée de prendre la clef des meubles où ses effets étaient déposés, et elle lui donnait du linge et des habits à mesure qu’il en avait besoin.

A l’exemple de saint Martin, il ne craignait pas de se dépouiller d’une partie de ses vêtements, pour en revêtir Jésus-Christ dans la personne des pauvres. Un homme couvert de haillons marchait avec peine dans un chemin détourné ; M. Baudouin le rencontre, s’arrête et lui demande s’il souffre.
« Oh ! oui, M. le Curé ! Et puis, je manque de tout ; je n’ai pas même de chemise.
- Eh bien ! mon ami, je vais vous donner la mienne. »
Aussitôt, se retirant dans des halliers, il se dépouille en faveur du malheureux.

Un autre jour, en rentrant à la maison, il se baissait de manière que le bord de sa soutane lui couvrait les pieds.
« M. le Curé, lui dit Mme Barreau, vous avez fait encore une des vôtres.
- Ma bonne Mère (c’est ainsi qu’il l’appelait), j’ai trouvé un homme qui avait les jambes nues, et je lui ai donné mes bas. »
« Vraiment, disait ensuite Mme Barreau, on ne sait comment faire avec M. le Curé : il donne à mesure qu’il reçoit. »

M. Baudouin assistait d’une manière toute spéciale les veuves et les orphelins. Une pauvre femme, qui avait trois enfants en bas âge, ayant perdu son mari, l’homme de Dieu va la trouver et lui dit :
« Le sort de vos petits enfants vous inquiète ; ne vous découragez point ; je vous aiderai ; venez me trouver toutes les fois que vous serez dans le besoin. »

Les revenus de sa cure étaient bien insuffisants pour faire face à des aumônes si multipliées. Des personnes charitables, désirant s’associer à ses bonnes œuvres, lui remettaient des sommes plus ou moins considérables, qui étaient bientôt distribuées.
« Plus un prêtre donne, disait le P. Baudouin, plus il reçoit : ce qu’il donne par la porte rentre par la fenêtre. »
Quelquefois il allait lui-même quêter dans les maisons de sa paroisse pour subvenir aux besoins pressants de ses pauvres.