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Le P. Baudouin puisait à la source

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Louis-Marie Baudouin a mené une vie très active, même durant les périodes où il a dû en raison des circonstances vivre en exil ou se cacher.

En Espagne, à Tolède, en exil pendant près de quatre ans, il travaille chez un artisan en soieries pour gagner sa vie et passe beaucoup de temps à étudier la Bible et les mystiques espagnols à la bibliothèque de Cardinal Lorenzana qui avait accueilli beaucoup de prêtres français en exil.

Aux Sables d’Olonne où il vécut pendant près de trois ans, caché et dans la clandestinité, il n’hésitait pas à sortir la nuit pour répondre à l’appel de malades ou à rassembler de petits groupes de chrétiens pour une messe ou la catéchèse.

A La Jonchère, sa première mission lorsque la liberté de culte fut rétablie, il dut s’interrompre en raison de son épuisement.

Nommé à Chavagnes, il commence par une grande mission et il écrit à Mme Saint-Benoît :

Je suis en mission jusqu’au cou… Je n’ai pas un quart d’heure… J’ai malheureusement besoin de trop de sommeil.(14 déc. 1801).

A Chavagnes encore, sans beaucoup de ressources, il accueille des jeunes et lance le premier séminaire après la révolution. Il pose les fondations de deux congrégations religieuses.

Devenu supérieur du grand séminaire de La Rochelle, en plus des cours qu’il doit assurer, il est aussi nommé vicaire général du diocèse. Il accompagne plusieurs communautés religieuses et trouve le temps d’assurer une correspondance presque journalière avec la Mère Saint-Benoît qu’il a laissée à Chavagnes en charge d‘une toute jeune congrégation religieuse.

Où puisait-il sa force et son énergie ?

La prière !

En tout premier lieu. Beaucoup de ceux qui l’ont rencontré en témoignent : Louis-Marie Baudouin avait le goût de la prière.

Rappelons-nous, disait-il, que sans oraison, nous ne ferons presque rien de bien, ni pour nous ni pour les autres.(dans la Règle primitive, ch. 10 ).

La règle qu’il avait écrite dans son projet de vie religieuse, lorsqu’il était caché aux Sables d’Olonne, reflétait l’expérience qu’il avait lui-même de la prière. Les conseils qu’il donne sur sa pratique de la prière sont encore bons pour nous.

Voici comment s’y prendre... On tâche de mettre les sens extérieurs dans le silence, puis on appelle aussi au silence sa mémoire, son entendement et sa volonté. On pense que Dieu est assis au milieu de ces trois facultés de notre âme et nous appelle. On s’y rend avec respect, on sera confus de l’y laisser si souvent seul. On adore en silence, on aime, on prie, etc...suivant le souffle divin.

Si on est devant le Saint Sacrement, on peut faire sortit ses sens et ses facultés intérieures pour se mettre aux pieds ou dans le cœur de Jésus, ou bien les retirer encore au dedans de soi, où notre bon Sauveur leur parle par son Esprit…l’Esprit infini de Jésus pénètre notre âme avec ses facultés et notre corps avec ses sens à peu près (mais beaucoup mieux) comme le feu pénètre le fer qu’il a rougi, et nous n’y pensons pas. C’est ici la maison de Dieu et la porte du ciel et je ne le savais pas ... (Règle primitive ch.10)

LLe P. Ecarlat, dans ses souvenirs, rappelle comment le P. Baudouin s’efforçait, à la Rochelle, selon les disponibilités que lui laissaient ses fonctions et son apostolat, de suivre le règlement qu’il s’était tracé au début de son ministère. Il ajoute :

Lorsque, dans ses dernières années, je l’engageais à prendre un peu de repos le matin, « Mon fils, me disait-il, l’éternité sera assez longue pour se reposer. Et la Sainte Messe, ajoutait-il, il faudrait l’omettre ? Jamais ! ». Il s’y préparait par une heure et demie d’oraison mentale et de méditation sur quelques versets de la Sainte Écriture. Son action de grâces se prolongeait souvent plus d’une demi-heure, elle n’était jamais moins d’un quart d’heure.

La Parole de Dieu dans les « Saintes Ecritures »

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meuble dans lequel le P. Baudouin mettait la Bible

Elle était pour le P. Baudouin, une source essentielle où il puisait « avec délices ».

Il en faisait une nourriture quotidienne et, pour lui, elle avait du « goût ».

Les autres livres, quoique saints et bons, sont fades lorsqu’on a le goût et l’intelligence des saintes lettres.(à une jeune Sœur, en 1813)

Il prenait son temps pour goûter ce qu’il lisait, en mâchant bien les mots pour en dégager toute leur saveur. Pour décrire ce travail de rumination, il a utilisé une comparaison que nous aimons reprendre, même si elle nous paraît un peu étonnante, celle du grain de moutarde.

Avalez un grain de moutarde sans le broyer sous vos dents, vous n’y trouverez aucun goût. Ce sont ceux qui croient en gros, légèrement, sans réfléchir. Mais si vous broyez bien le grain de moutarde et le mâchez bien, alors il pique le palais. Il a du goût et beaucoup. Tels ceux qui réfléchissent et méditent la parole de celui qui a semé le grain de moutarde. (lettre 23-6-1827)

Quand on allait lui rendre visite, on le trouvait souvent en train de lire la Bible. Il écrit à l’un de ses meilleurs amis, Mr Mareschal, qui lui succéda comme vicaire général de la Rochelle et supérieur du grand Séminaire :

Le peuple dit : Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es. Cela est vrai. Les enfants parlent et pensent comme les personnes avec lesquelles ils sont toujours… lettre du 25 janvier 1825).

La découverte du Dieu de Jésus Christ à travers les mots de la Bible et sa rencontre personnelle dans la prière ont toujours été les sources de la foi chrétienne. Elles le sont plus que jamais pour les chrétiens d’aujourd’hui, sources riches et gratuites :

Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer.
Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
( Is, 55, 1-2)

P. Marcel BERTHOME
communauté Ste Marie