La famille de l'Incarnation

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Je chemine pour le trouver

Ce que je veux, c’est arriver dans le Cœur de Dieu, pouvoir m’imprégner de son Amour pour moi. Alors, je chemine pour le trouver. Je prends le premier sentier devant moi, certaine que ce sera le bon, puisque si tous les chemins mènent à Rome, le mien mènera à Dieu ! Oui mais voilà, ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air…

Oui, c’est vrai, je marche dans les pas de Jésus. Facile, il me guide ! Puis il se met à mes côtés pour m’éviter de tomber, quand le premier caillou se pointe sous mes pieds…

Et puis le chemin m’absorbe à tel point que je ne vois rien d’autre que l’endroit où je vais poser mes pieds. C’est alors que la fatigue m’attrape, les questions et les doutes aussi… C’est un ensemble : l’un ne va pas sans les autres !

Je me retourne pour Lui demander si j’ai raison de m’obstiner ainsi, sur ce chemin. Mais, à ma plus grande surprise, Il n’est pas là.
Je L’appelle doucement, étonnée de son absence, puis je crie Son nom, celui de Sa mère, Son père aussi. Personne ne me répond, personne n’est là !

Je me sens complètement perdue, je ne sais plus quoi faire ni où aller. Mes pieds me font mal, j’ai des ampoules qui me paraissent si grosses que je ne pourrai plus faire un pas, c’est impossible.

Mais je ne peux pas rester là. Tant pis si le chemin que j’ai choisi me fait souffrir, pleurer de découragement, soupirer de désespoir… Il faut que j’avance…
Un pas, puis un autre, puis encore un autre…

Un carrefour se présente à moi, que choisir ? Ma boussole, Jésus, n’est pas là pour m’indiquer le Nord, à moi de me débrouiller comme je peux, avec mon cœur, à l’instinct.
Un pas, puis un autre, puis encore un autre…

La soif se fait sentir, la faim me tenaille, je n’ai plus rien, juste ce chemin et moi, juste les pas qui me font avancer… Je ne peux même plus lever les yeux vers le ciel, je marche…
Un pas, puis un autre, puis encore un autre…

Je me découvre peureuse parfois, courageuse d’autres fois. Je m’apprends à être résistante, à persévérer. Ma carapace, faite de distance, de non-dit, d’impatience,… fond à vue d’œil, à chaque fois que je fais un pas, puis un autre, puis encore un autre…

Je ne suis pas encore arrivée au bout de ce chemin, mais j’ai découvert quelque chose de terriblement important : j’éprouve de la joie et de la fierté devant les difficultés surmontées ou pas, parce que je n’ai pas baissé les bras, parce que j’ai continué de faire un pas, puis un autre, puis encore un autre…

J’aime mon sentier. Il fait intensément partie de moi. Il devient moi. Il me révèle ce que je suis profondément ; peu m’importe le but que je m’étais fixé, je suis le chemin.

J’ai le cœur en Joie,. Je sens l’amour et la beauté de ce chemin m’envahir. Ce n’était pas si difficile que ça, finalement… Abandonner un jour, c’est abandonner toujours, m’a-t-on dit un hier qui me semble si lointain. Je n’ai pas abandonné, j’ai continué.
La joie, le sourire aux lèvres, je ne sens plus la douleur. Je me sens en harmonie. J’aime !

J’aime, c’est tout !

D’où me vient cette Joie intense ? Je chemine, donc je suis… au cœur de l’Amour de Jésus ? Et le chemin est le Cœur de Dieu ?

Même si je n’en suis pas très sûre, je crois que la réponse est Oui…

Marie-Christine, Grain de Moutarde-Bordeaux