La famille de l'Incarnation

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En l’église paroissiale de Chavagnes, belle fête en l’honneur du P. Baudouin

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Le Dimanche du 17 mars 2013 eut lieu, en l’église St Pierre-St Paul de Chavagnes-en-Paillers, la Messe en l’honneur de l’héroïcité des vertus du Serviteur de Dieu, le Père Louis-Marie BAUDOUIN.

Grande joie au cœur de tous : Fidèles de la paroisse L-M Baudouin qui compte cinq clochers et membres de la Famille de l’Incarnation, réunis ce week-end à Chavagnes pour y vivre leur première Assemblée nationale.

Grande fête pour tous : c’est la reconnaissance par Rome de la valeur du message du Père Louis-Marie Baudouin, Eucharistie de louange et de joie.

Le chant d’entrée : Pour l’appel à rejoindre ton peuple, donne le ton à cette Eucharistie festive.

Du fond de l’église une belle procession d’entrée s’avance présentée par Sr Thérèse- Marguerite Gilbert.

LE PORTRAIT


Le 31 juillet 1801, Louis-Marie Baudouin entre dans la petite église de Chavagnes-en-Paillers qui menace ruine… De cette paroisse meurtrie par la Révolution, il est désormais le curé. Agé de 37 ans, originaire d’une famille laborieuse de Montaigu, ordonné prêtre en 1789 à Saint Malo, il vient de vivre 5 ans d’exil en Espagne, et 2 ans d’une vie clandestine aux Sables d’Olonne. Mûri par l’épreuve, il arrive dans sa nouvelle paroisse débordant d’ardeur missionnaire, à la suite de Jésus, le seul missionnaire du Père.

LES PERES FMI


« Nous serons les religieux du Verbe Incarné. »
Le 31 janvier 1800, Louis Marie Baudouin, peu de temps avant la fin de sa vie clandestine aux Sables d’Olonne, avec son compagnon d’exil Germain Lebédesque s’engage secrètement dans une démarche de vie religieuse. Il pose ainsi les bases d’une petite société de prêtres animés par l’Esprit du Verbe Incarné et par l’amour de sa Mère… Elle comptera dans ses rangs de futurs fondateurs : le Père Monnereau, curé des Brouzils, un compagnon de la première heure, fondateur des Sœurs du Sacré Cœur, dites couramment Sœurs de Mormaison, le Père Pécot, fondateur des Sœurs de l’Immaculée Conception de Niort. Aujourd’hui, les Pères de Chavagnes œuvrent dans plusieurs pays, sur trois continents. Ils ont choisi de vivre leur vie chrétienne dans la famille religieuse fondée par Louis-Marie Baudouin. Ils s’appellent les Fils de Marie Immaculée.


LA PAROISSE


«  Il paraît que la divine Providence va m’envoyer missionner dans le bocage. »
C’est Jésus lui-même contemplé et adoré comme le missionnaire du Père qui donnait plein sens à ce titre de missionnaire qu’il revendiqua au début de son ministère pastoral. Tout donné à la paroisse de Chavagnes qui venait de lui être confié, il était proche de la population, visitait inlassablement les malades dans la campagne environnante, donnait largement à ceux qui étaient dans le besoin. « Les pauvres, disait-il, sont les tabernacles vivants du Christ ».
Il prêchait mission et retraites, préparait de jeunes garçons au sacerdoce. Il fut à l’origine du premier séminaire en France après la Révolution. Il voulait ouvrir à Chavagnes un petit pensionnat de filles, plutôt qu’une simple école, les paroisses environnantes pourraient ainsi bénéficier de l’éducation qui s’y donnerait. Rien ne l’arrêtait, pasteur infatigable, il faisait fonds sur la Providence.

LES SŒURS DE CHAVAGNES


« Les femmes pourraient beaucoup dans cette grande œuvre… Venez, on vous attend avec impatience. »

2 juillet 1802… Chavagnes en Paillers au soir… Devant la petite église, six femmes descendent d’une charrette. Elles arrivent des Sables d’Olonne, elles viennent seconder Louis-Marie Baudouin et ouvrir à sa demande un modeste pensionnat de filles. L’âme de ce groupe, Charlotte- Gabrielle Ranfray, porte au cœur le projet de se voir constituer une communauté de religieuses engagées en plein monde pour répondre aux besoins du temps… Une Congrégation était en train de naître… Elle se développa rapidement, des communautés fleurirent dans les paroisses environnantes puis hors du diocèse… Aujourd’hui, les Ursulines de Jésus sont à l’œuvre sur trois continents. Elles travaillent au Cameroun, en Amérique Latine, au Canada et en Europe.

LA FAMILLE DE L’INCARNATION


Vivre dans la mouvance du Mystère de l’Incarnation selon l’intuition de Louis-Marie Baudouin, n’est pas réservé aux deux congrégations des Fils de Marie Immaculée et des Ursulines de Jésus. Aujourd’hui, nous sommes une "grande famille". Les Sœurs de l’Immaculée Conception de Niort sont des nôtres… Fraternités, Laïc(que)s associés, Amis du Père Baudouin, groupes de réflexion « Grain de moutarde » sont de plus en plus nombreux et actifs et leurs portes sont grandes ouvertes… Sur l’arbre deux fois centenaire poussent aujourd’hui de nouvelles branches.
A chacun des membres de cette famille, le Père Baudouin redit aujourd’hui ce qu’il disait hier : « O mes frères et sœurs de l’Europe, de l’Afrique, de l’Amérique, vous êtes dans mon cœur, vous y serez toujours. »

LA BIBLE


« Je vous envoie mes délices, la Sainte Ecriture que vous désirez. Je vous exhorte à en faire comme moi, vos délices »
La Bible dont se servait le Père Baudouin était en deux volumes. Ce sont ces volumes que nous apportons maintenant pour les déposer dans le coffret qu’il avait fait faire lui-même, c’était pour lui comme un tabernacle, car disait-il « j’ai remarqué que toutes les phrases de l’Ecriture sont nourrissantes comme l’Eucharistie ; c’est comme la même parole. C’est surtout le Saint Evangile : chaque verset est un or très pur qui enrichit et un pain substantiel qui nourrit … Mine riche et inépuisable ! Trésor caché mais sans prix ! Je n’en veux plus d’autre : j’ai tout ; vous avez tout. Nous avons la Bible. »


Le P. Jean Bondu, vicaire épiscopal, enfant de cette paroisse de Chavagnes et célébrant principal, accueille l’assemblée en ces termes :
" Nous venons de vivre une semaine surprenante. Qui aurait dit il y a 8 jours, qu’un tel renouvellement soit proposé à notre Église ? Le pape François apparaît et déjà, notre regard s’ajuste au sien pour contempler le Christ au centre. Le pape François apparaît, et plus encore, notre monde se rend attentif aux pauvres, aux sans-voix..."
... Ce matin, nous ne sommes pas venus célébrer un homme, quand bien même il serait déclaré bienheureux et saint dans quelques mois ou quelques années. Ce matin, nous sommes venus pour redécouvrir ce que la grâce de Dieu a fait en lui. Elle l’a poussé à reconstruire une paroisse, à fonder deux Congrégations pour la mission au jour le jour, à servir son peuple de Chavagnes, à former des futurs prêtres… La grâce de Dieu l’a poussé à aimer le petit, l’étranger, le pauvre… Les vertus héroïques, ce sont ce que produit le don de Dieu en un homme ou une femme qui se laisse transformer par lui, au point d’être donné. Le Père BAUDOUIN fut donné. Le grain est tombé en terre. Des moissons ont déjà été récoltées. Nous sommes là pour de nouvelles moissons à venir par la grâce de l’Esprit saint.
Au nom de Mgr Castet, notre évêque, je suis heureux de vous saluer, vous la Famille de l’Incarnation, vous les religieuses Ursulines de Jésus, vous les Religieux Fils de Marie Immaculée, vous les paroissiens de Chavagnes et paroissiens de la paroisse Louis-Marie Baudouin.


L’homélie fut également assurée par le P. Jean Bondu. En voici quelques extraits  :

« Soyez respectueux et aimable en chaire. (…) Instruisons et touchons les cœurs. Quand on a le cœur, on en fait ce que l’on veut. » Voilà les conseils du Père BAUDOUIN à des confrères !
Il me semble que cela dit quelque chose de sa spiritualité. Ne cherchons pas à comprendre pour notre seule intelligence, cherchons à découvrir, à connaître, à nous laisser saisir pour que toute notre humanité, tout notre être en soit renouvelé, converti, orienté ! Spiritualité du Verbe Incarné, spiritualité de l’Incarnation qui soulève notre humanité comme le germe issu de la graine soulève la terre et apparaît...

... Le Père BAUDOUIN ne cessait de prêcher sur l’amour de Dieu, la charité de Dieu. Il faut l’avoir contemplé, ce Jésus, pour découvrir sa liberté intérieure...

Sa passion pour l’homme de Nazareth, le Fils de Dieu, fut celle du Père BAUDOUIN, scrutant les Écritures, pour saisir Jésus « comme j’ai été moi-même saisi par lui ».

Quel est cet amoureux de la terre et de nous ? dit une hymne du Carême.

Quel est cet amoureux, dont notre cœur peut s’éprendre si nous découvrons combien il nous rend libre ?

Quel est cet amoureux qui risque tout pour nous sauver...

Qui sauve tout en se risquant lui-même ?

Il est le Verbe qui dit Dieu.

Il est le Verbe qui dit l’homme.

Il est le Verbe Incarné qui donne Dieu.

Il est le Verbe Incarné qui rend l’homme à lui-même.

Il est ce frère aîné qui fait passer la mort pour que le Père nous engendre à la Vie. Amen.

A Au début de la Prière Universelle , le P. Bondu rappelle encore ces paroles du P. Baudouin : « Confiance, confiance sans borne » répétait-il, « il est riche, notre frère, il nous aime »
Forts de ces paroles, nous lui confions nos frères et sœurs en humanité.
Refrain : Pleins de confiance, nous te prions Seigneur.
... ....

L’Eucharistie à la fois recueillie et festive se poursuit.

Avant la liturgie de l’envoi, le P.
Daniel Boulier Supérieur Général des Fils de Marie Immaculée, ayant à ses côtés, Sr Mercedes Lopez Supérieure Générale des Ursulines de Jésus, présente des extraits du Décret sur « l’héroïcité des vertus de Louis-Marie Baudouin. »

« Je suis heureux, de pouvoir vous lire quelques extraits du texte que nous avons proposé à Rome pour le Décret reconnaissant les vertus du P. Baudouin. Je mettrai surtout en relief, les thèmes peu abordés, lors de la présentation de la procession d’entrée. »

Après son ordination, en 1789, le P. Baudouin est nommé vicaire de son frère, curé à Luçon, et il refuse en 1790 de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé, ce qui lui vaut la prison à Fontenay-le-Comte.

En septembre 1792, il choisit l’exil et embarque aux Sables d’Olonne pour l’Espagne avec 74 autres prêtres dont son frère et le futur évêque de la Rochelle : M. Paillou.

Louis-Marie va vivre 5 ans d’exil (1792-1797).

Pour lui, jeune prêtre privé de ministère actif, alors qu’il est débordant de zèle missionnaire, c’est un temps d’étude, de réflexion et d’approfondissement de l’Ecriture Sainte, un temps de mûrissement d’une spiritualité centrée sur l’Incarnation.

Il rentre en France en 1797, aux Sables d’Olonne, mais il doit encore se cacher. Au mépris du danger, il exerce un ministère clandestin.

Son ardeur missionnaire le pousse à préparer l’avenir pour répondre aux urgences.

Ces activités courageuses vécues dans un contexte de persécutions s’enracinent dans la prière, la méditation assidue de l’Ecriture, la contemplation du Mystère du Verbe Incarné et du mystère de Marie, dans la proximité constante de l’Eucharistie.

S’ouvre alors la période paroissiale à la Jonchère, puis à Chavagnes.
Ce simple desservant de campagne ouvrit des champs missionnaires de première importance pour sa paroisse, mais aussi pour le diocèse et l’Eglise de France après la Révolution.

En 1812, il est envoyé à la Rochelle pour y ouvrir un Grand Séminaire. Nommé vicaire général de Mgr Paillou, son rayonnement s’étend alors sur tout le grand diocèse de la Rochelle.

En 1817-1821, le diocèse de Luçon est rétabli. Le nouvel évêque le nomme vicaire général, supérieur d’un Grand Séminaire qu’il devait organiser. Il est maintenu supérieur de la Congrégation de Chavagnes. Tâche immense !

En 1825, il donne sa démission de supérieur du séminaire de Luçon et va demeurer chez son neveu, curé de la cathédrale. En 1828, la mort de la Mère St Benoît l’amène à un retour définitif à Chavagnes. C’est le temps de la retraite, de la « vie cachée », retraite d’abord active, puis de 1831 à 1835, la maladie est son lot.

A la veille de sa mort, il livre son testament, les grands axes de toute sa vie spirituelle : humilité, douceur, confiance en la miséricorde de Dieu, en Marie sa « tendre Mère », charité fraternelle, foi en la force des sacrements, surtout l’Eucharistie.

Le 12 février, le regard fixé sur son crucifix, son souffle de vie s’éteint. Il avait 70 ans.

Prophète en son temps, il le fut tout particulièrement dans son approche de la Sainte Ecriture et dans le regard qu’il portait sur les juifs.

C’est dans son amour pour les Saintes Ecritures que le Père Baudouin puise, d’une façon tout à fait inattendue à cette époque, son amour pour le peuple juif.

La beauté et la richesse de notre Société est chez ce peuple : Jésus, Marie, Joseph, les Apôtres, etc… étaient juifs, nos Écritures, et de l’Ancien et du Nouveau Testaments, viennent des Juifs. Venez, ô juifs, nous sommes vos amis, ou plutôt vos enfants. Vous êtes la racine, nous sommes vos rameaux, venez, nous vous verrons, nous vous aimerons...

... Louis-Marie Baudouin devançait ainsi de 150 ans la déclaration “Nostra Aetate du concile Vatican II” (1965).

Demandons au P. Baudouin de nous obtenir les grâces dont nous avons besoin tout au long de notre vie, pour être comme lui de bons et courageux serviteurs à la suite de Jésus Verbe Incarné et de Marie Immaculée.

Après la communion éclate le chant de louange du “Magnificat”, suivi du chant d’envoi :


Jubilez criez de joie, par le Fils et dans l’Esprit,

Dieu nous ouvre un avenir !

Jubilez, criez de joie,

Il nous donne par la foi un amour qui fait grandir.





La fête va se terminer au logis St-Joseph tout proche de l’église paroissiale.

C’est la joie et le bonheur avec le partage du verre de l’amitié offert à tous.

BC, UdJ