La famille de l'Incarnation

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Chili : après le tremblement de terre, la solidarité

A la rencontre des familles de Nirivilo

Répondant à l’appel lancé par les Congrégations du Chili, trois soeurs ont passé la Semaine sainte dans un village détruit par le séisme.

MULCHEN 4 avril 2010.

Nirivilo_iglesiaNirivilo es un petit village de la province de Linares - VII Region du Maule située à 40 kilomètres de Constitución - qui avait été déclaré patrimoine national en raison de l’ancienneté de ses constructions
Les constructions coloniales datent de plus de 100 ans. Les maisons furent pratiquement toutes détruites. Les familles dorment dans les cours dans l’attente de la reconstruction de leurs maisons

Très chères sœurs,

Un salut plein d’affection dans la JOIE DE LA RESURRECTION

De retour à la maison après avoir passé la Semaine Sainte à Nirvilo, je veux partager avec vous toutes ce qu’a représenté pour moi cette expérience en inter-congrégation, de solidarité de la Vie Religieuse avec les zones les plus affectées par le tremblement de terre. Temps de solidarité, fruit du dialogue communautaire vécu après avoir reçu la convocation de la Conférence des religieux et religieuses.

Nous avons pris conscience que n’étant pas touchées par le tremblement de terre nous devions apporter notre grain de sable à ceux qui avaient tout perdu. Cette réalité nous a motivées profondément et nous avons fait le choix d’y être présentes. Et, j’étais celle qui pouvait être envoyée.

Notre équipe était formée d’Elena, (chilienne), de la congrégation des Filles de Jésus, Teresa, (mexicaine), des Filles du Saint Esprit, et moi–même (chilienne) ursuline de Jésus.
Nous avons pris le bus à Santiago en direction de Constitución. Nous sommes descendues au carrefour de Nirivilo/San Javier où nous attendait le Père Luis Alberto Fuentealba, qui vit à Constitución.

Nous sommes parties avec des sacs de couchage, un peu de nourriture pour partager avec les gens et le strict nécessaire pour l’urgence. Nous avions au cœur cette forte et unique motivation : ALLER À LA RENCONTRE DES PERSONNES ET DES FAMILLES sans aucun programme, sans connaître le lieu, ni les conditions dans lesquelles ils étaient, sans savoir ce que nous allions trouver. La seule certitude, c’était que la majeure partie des habitations du village avaient été détruites.

Nirivilo terremotoL e plus surprenant : malgré cette destruction matérielle, les personnes manifestaient une profonde confiance, une grande force et rendaient grâce à Dieu parce qu’ils étaient vivants et qu’ils avaient la possibilité de recevoir des visites et d’être écoutés dans l’incertitude qu’ils étaient en train de vivre : jusqu’à quand allaient se poursuivre les répliques qui risquaient d’achever le peu de constructions encore debout… Sentir le froid de l’automne avec l’hiver qui allait vite arriver n’entamait pas leur courage face à leur situation précaire ni leur espérance d’aller de l’avant.

Comment raconter ce climat d’accueil et de confiance pour accepter de partager avec sérénité de ce qu’a signifié la perte, en quelques minutes, de l’effort de tant d’années. Aux sentiments de douleur, d’impuissance, se mêlaient la reconnaissance et l’action de grâces envers Dieu qui a été miséricordieux avec eux et les a laissés en vie. La force de caractère qui leur fait affronter ce qu’ils ont vécu et vivent maintenant nous interroge ; malgré leur souffrance, ils sont capables de rire, d’accueillir, de mettre en valeur celui qui vient les visiter.

Lorsque nous parlions avec eux, nous ressentions de façon palpable, que l’apport de la vie religieuse est de contribuer à la reconstruction de la santé mentale et émotionnelle. Les familles ont besoin de lieux de rencontre, d’écoute, d’accueil pour raconter leur histoire d’avant et après le tremblement de terre. Les efforts, les sacrifices, les réussites, les espoirs de toute une vie, leur donnent aujourd’hui le courage de relever le défi pour que leur famille et leur village s’en sortent et aillent de l’avant.

A partir de cette petite expérience que nous avons eu l’opportunité de vivre, nous pouvons affirmer que que l’heure est venue de concrétiser cet appel de l’Esprit dont nous avions l’intuition : il nous faut cheminer vers de nouveaux modes de vie religieuse missionnaire, en intercongrégation, avec d’autres, pour donner des réponses là où la vie est menacée

Nous prenons conscience qu’il nous faut continuer à discerner pour voir comment poursuivre cet accompagnement.

E lena, membre du conseil de la Conférence Nationale des religieux et religieuses, apportera à l’Assemblée les fruits de cette expérience vécue à Nirvilo, avec la certitude que c’est aussi le sentiment de toutes les équipes qui ont participé à cette première mission en solidarité avec notre peuple.
Rosa Arriagada.Udj

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