La famille de l'Incarnation

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Avec Sr Marie qui fête son jubilé

La fête de l’Ascension a eu cette année une saveur particulière pour les communautés de Montaigu et Chavagnes : Sr Marie Gens accueillait les membres de sa famille qui ont pu venir en Vendée célébrer avec elle ses 51 ans de ’Fille du Verbe Incarné". Ils sont repartis très touchés par l’accueil des sœurs, la gaieté du repas et ce que Marie a bien voulu partager de son parcours au cours de l’Eucharistie.

Merci aux membres de ma famille qui, malgré les distances se sont déplacés. J’ai une pensée plus particulière pour mon frère et ma belle-sœur, trop âgés pour faire ce long parcours et pour deux de mes nièces touchées dans leur santé.

Achille, notre frère FMI, m’a demandé de vous partager quelques points forts de mon parcours. Rassurez-vous ce ne sera pas long.

Comme vous le savez je viens du Nord. J’ai vécu près du rivage où toujours chantent les flots, dans une famille aux racines chrétiennes, ouverte aux autres, ayant un grand sens de la solidarité.

J’ai été façonnée dans mon enfance par le mouvement les « âmes vaillantes », on dit aujourd’hui l’ACE (Action Catholique des Enfants ). J’ai été nourrie par les récits de la vie des missionnaires que nous lisaient les sœurs Dominicaines de chez nous.
Très tôt j’ai été attirée par le Christ…. Je me souviens que je passais beaucoup de temps dans ma chambre à regarder l’étendue de la mer du Nord. Après la guerre, les maisons n’ayant pas encore été reconstruites, l’immensité de la mer s’offrait à mon regard… j’étais en présence de la grandeur de Dieu. Un jour j’ai entendu l’appel profond à lui donner toute ma vie, mais où ? et comment ? J’ai fait un court séjour chez les Dominicaines de Lille.

Jeune fille j’ai lu un livre qui m’a beaucoup marquée et dont je me souviens, et du titre et de l’auteur : le sens de l’homme de Jean Mouroux. Presque en même temps je découvrais cette phrase du poète Térence :« Rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Paroles qui m’ont habitée et qui m’habitent toujours, qui façonnent ma vie.

Après avoir enseigné quelques années je suis partie à Lille pour faire, durant deux ans les études de catéchiste professionnelle, là je me suis plongée avec délices dans la bible, moi qui ne connaissait rien, venant de l’école publique, ce fut un temps très riche. Je travaillais mes cours avec Sœur Anne-Marie Simon, Ursuline de Jésus et grâce à elle j’ai pu lire les écrits du Père Baudouin, notre fondateur et me sentir pleinement à l’aise avec le charisme de la congrégation, à savoir le mystère d’un Dieu qui, un jour du temps s’est fait homme, a connu tout de notre condition humaine, pour nous révéler l’amour de Dieu le Père pour tous les hommes. J’ai décidé de rejoindre les Ursulines après mes études le 18 sept. 1965, mais le 2 juin mon père a quitté cette terre. Ce départ je le remettais en cause ne voulant pas laisser maman toute seule. Ma sœur encore de ce monde à cette date, et mon frère m’ont alors dit "Tu ne fais pas ta vie comme nous, mais tu peux partir nous prenons maman en charge". Paroles fortes qui ont aussi marqué ma vie : ne pas retenir l’autre, ne pas mettre la main sur les autres…..Phrase que je rapproche de celle de Paul Claudel et qui m’habite aussi : « Etre pour les autres un chemin qu’on utilise et qu’on oublie… ». C’est ce que j’ai essayé et que j’essaie de vivre personnellement et avec les sœurs qui me sont données en communauté, et dans toutes mes relations. C’est un chemin de liberté.

Jai été envoyée dans des différents lieux de France.
En 1992, l’épreuve physique s’est imposée à moi. J’ai subi une grosse intervention au niveau du dos, intervention qui m’a fragilisée. "Vous avez un dos à risques" m’a dit alors le médecin.
Il y a des choses que je fais avec difficulté,… ce n’est pas écrit sur mon front.
Ce n’est pas toujours facile à vivre, il a des moments durs. Ce qui m’aide c’est la force du Seigneur qui m’est donnée, la prière devant la croix. Mon beau-frère a dit un jour à l’une de ses filles, alors que la souffrance le tenaillait "Le Bon Dieu, il a bien souffert ! alors moi…." La compréhension, l’amitié ce sont aussi des forces pour tenir et rebondir.

Autre point fort : j’ai vécu sept ans à Paris : enseignante, puis durant trois ans secrétaire du directeur commercial chez Jaeger, section montres et pendules. Le directeur m’a demandé de ne pas dire qui j’étais. J’ai respecté. J’ai fait l’expérience d’un monde qui m’était totalement inconnu, le monde de l’entreprise, du syndicalisme, monde qui m’a ouvert les yeux, le cœur et a enrichi mes relations ….J’intriguais certains. Un jour un collègue m’a dit "Vous, vous attirez le respect".….Quel que soit son parcours, tout homme, toute femme est une histoire sacrée…

C’est tout cela qui m’a façonnée et que j’avais envie de partager surtout avec vous, ma famille.


Je voudrais les yeux de l’amoureux
Pour regarder Dieu.

Je voudrais le cœur de l’amoureux
Pour que mon cœur batte à l’unisson de celui de Dieu.

Je voudrais les lèvres de l’amoureux
Pour que dans un baiser
Toute ma vie soit à Dieu.

Enfin je voudrais les mains de l’amoureux
Pour recevoir le monde de Dieu
Et construire avec Lui.