Il est de tradition dans notre maison de retraite pour les sœurs aînées, de fêter les jubilaires le 25 mars, jour de la fête de l’Annonciation.
Cette année 2010, vingt et une d’entre nous sont concernées.

Trois fêtent un jubilé d’albâtre : 75 ans de vie religieuse,
Quatre de vermeil : 70 ans,
Six de rubis : 65 ans,
Huit de diamant : 60 ans,
Toutes ces années étant comptées depuis l’entrée au noviciat.
La fête commence par l’Eucharistie. La chapelle est sobrement décorée, comme le veut la liturgie de Carême. Les chants sont beaux, choisis pour nous rappeler notre jeunesse que les cannes et les fauteuils roulants auraient pu nous faire oublier.
Le 25 mars est une date majeure dans la Congrégation et la tradition veut que toutes les sœurs renouvellent leurs vœux ce jour-là, ce que nous faisons à l’offertoire, suite à une belle homélie.

Après l’Eucharistie, verre de l’amitié avec tout le personnel de la maison et quelques personnes qui participent souvent à la messe chez nous. Atmosphère joyeuse : les uns contents de fêter, les autres d’être fêtées. Le service de restauration est présent, il offre un bouton de rose à chacune des jubilaires.

12h30 : le déjeuner. Pour la circonstance, la salle à manger a pris un air de fête. Au centre, une très longue table avec nappe et fleurs, magnifique ; c’est la table préparée pour les jubilaires, la responsable de communauté, notre aumônier et quelques invitées. Le menu est délicieux, arrosé d’un vin meilleur, comme à Cana. Au dessert, nous savourons un gâteau succulent : un fraisier.
Au cours du repas une animation, c’est le menu substantiel pour les jubilaires qui vont être " complimentées ". chaque " bijou " aura un rappel de ses activités, son chant, ses louanges. N’est-ce pas ce qui convient en de telles circonstances ?
Les meilleures choses ont une fin ; surtout elles ont un prix, celui de la fatigue que nécessitent les préparations d’une telle fête. Une jubilaire a dit merci : voici des extraits de son intervention :
« A vous, sœur Christine, et à vous toutes, sœurs qui avez mis la main à la pâte, merci. Merci d’avoir créé une ambiance festive : table agréable, repas joyeux, entrecoupé de toutes ces choses aimables qui nous ont été dites… Vous avez pensé à tout pour nous faire plaisir, MERCI… Je ne peux penser à toutes ces années de vie religieuse, sans évoquer notre Congrégation. C’est à elle que je voudrais offrir mon action de grâce. Comme une mère attentive, elle a veillé à notre sécurité matérielle : de quoi avons-nous manqué quelles que soient les situations ? Et dans nos vieux jours, elle prend soin de nous, à en rendre jaloux bien des laïcs. Tout cela n’est que le support de biens beaucoup plus précieux : la Congrégation a voulu que nous vivions en communauté pour qu’avec des sœurs, nous trouvions courage et force pour la mission, dans l’amour et la vérité.
Le grand trésor qui nous est confié est le mystère de Jésus-Christ, Verbe Incarné. Aujourd’hui, c’est la noce, Jésus est là. Mais chaque jour, Il a tenu sa place dans notre vie : Lui-même et d’autres présences qui sont aussi Lui-même : nos sœurs, les enfants, les malades, les personnes rencontrées et accueillies ; l’Eucharistie quotidienne, même en nos temps difficiles ! Merci à notre aumônier qui nous l’assure. Présence du Christ trouvée dans la prière personnelle et liturgique… ainsi que la Vierge Marie à laquelle notre Bon Père nous a données.
Oui, vraiment, tous ici que nos cœurs ne se taisent pas, qu’ils soient en fête pour toi, Jésus-Christ, Verbe Incarné et que sans fin, Seigneur notre Dieu, nous te rendions grâce !
Et ensemble, nous avons chanté :
Jubilate Deo,
Jubilate omnis terra,
Jubilate Deo. »
Sr Hélène BALOGE
